Mercredi 16 juillet 2008
J’ai donc reçu aujourd’hui même en plus de l’hebdo un feuillet d’environ 260 pages regroupant les 21 contributions. Au moment où l’on reçoit les textes chez nous (par ailleurs en effet déjà disponibles sur le site du PS depuis le 2 juillet), les premières fusions de contributions s’opèrent déjà. En effet, hier, via le blog Libélyon, on pouvait apprendre que Pierre Moscovici rejoignait Gerard Collomb… Affaire à suivre, mais a priori ce n’est que le début d’opérations de ce genre (et c’est bien normal).

Pour ma part, j’ai trouvé le texte présenté par Ségolène Royal fidèle à la ligne qu’elle a tracé pour la gauche et le PS depuis 2007 aussi bien en termes de stratégie politique qu’en termes de propositions réformistes qui parlent directement aux citoyens. Si sa motion se présente de la même façon, je pense qu’elle aura ma voix. Au stade des contributions générales, je n’ai quand même pas signé son texte. J’ai en effet préféré signer le texte présenté par le mouvement Utopia qui apporte quand même énormément de chose au débat au sein du PS et au sein de la société. Il a le mérite de tracer des perspectives d’avenir concrètes qui touchent le cadre global de la société, même si le tout reste très théorique (on notera en effet que le texte s’inspire des travaux d’André Gorze et de Dominique Méda).

Parmi les autres contributions qui apportent beaucoup de fond, il y a aussi celle de Pierre Larrouturou. Elle aussi a toute son importance du fait de son contenu qui apporte des éléments sociaux et économiques qui à coup sûr nous font réfléchir. Un texte important donc en ce qui concerne le débat.

Pour le moment, je ne me suis pas encore penché sur les textes de Bertrand Delanoë, de François Hollande et de Martine Aubry, mais ça ne saurait tarder ! Quoi qu’il en soit j’ai tout de suite écarté (après avoir lu tout cela en diagonal) les textes de type passéiste comme ceux de Gérard Filoche, Jean-Luc Mélenchon, Lienemann ou Hamon : rien de nouveau, des propositions prémâchées d’un autre temps. En tout cas, on remarquera encore que l’essentiel des signataires du texte de Hamon et Emmanuelli ne sont ni plus ni moins que les habituels apprentis sorciers du syndicalisme étudiant et de la politique. Le NPS a encore su mobiliser ses troupes au sein de l’UNEF et du MJS !

À ce propos, je vous invite à lire la contribution thématique "La France est en nous" signée, entre autres, par Razzy Hammadi : elle est à pleurer de rire. Elle n’est strictement en rien d’une contribution de gauche : d’emblée le principe d’internationalisme, avec cet éloge national-républicain de la France, est nié… C’est quand même très grave d’en être arrivé là.

Enfin, je remarque aussi que les premiers, du côté des étudiants, à clamer leur grande et juste connaissance de l’université française n’ont même pas été capable de déposer un texte thématique sur le sujet… Du coup, nous sommes seulement quelques autres camarades à avoir déposer une contribution thématique "L'université de demain" qui touche un maximum de problématiques de l’université.
par Diego MELCHIOR
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Samedi 5 juillet 2008
Bonjour à tous !

J'ai signé une contribution thématique sur l'université en compagnie d'autres camarades, en vue du Congrès de Reims du PS.

C'est un thème important :  je pense en effet que cela méritait un texte pour le Congrès, d'autant plus que cela permet le débat ! Vous pouvez me poser des questions sur le fond du texte via ce blog bien évidemment.

Si vous souhaitez la signer, n'hésitez pas à laisser nom, prénom et section dans les commentaires.


Les auteurs de cette contribution ont été engagés dans le monde étudiant associatif, syndical ou politique. À partir de leur expérience militante, ils souhaitent apporter à travers cette contribution une réflexion sur l’enseignement supérieur, laissant néanmoins de côté la recherche qui mériterait un texte à elle seule. L’université française traverse aujourd’hui une crise grave. Les étudiants en sont les premiers conscients. À travers deux mouvements sociaux, ils sont descendus dans la rue : contre le CPE en mars 2006 ; en novembre 2007, contre la LRU. La LRU ne permet en effet pas de réformer l’université. Quelques avancées sont à remarquer comme l’inscription dans la loi d’une troisième mission pour l’université : l’insertion professionnelle. Les étudiants, très concernés, auraient pourtant aimé que des actes suivent… Un an après le vote de la réforme, la droite s’est bien pieu souciée de concrétiser dans les faits cette nouvelle mission. La gauche ne peut ni rester dans la contestation ni dans la défense du statut quo. Le PS a des valeurs fortes inscrites dans sa déclaration de principe : la démocratie ; la solidarité ; l’internationalisme. Il est de notre devoir de socialistes de faire en sorte que ces valeurs soient aussi celles de l’université.

Cinq premiers signataires :

Najat Vallaud Belkacem (membre du CN, adjointe au maire de Lyon)
Barnabé Louche (section de Privas)
Diego Melchior (section de Sciences Po)
Gabriel Schwabe (section de Metz Sud)
Jean-Baptiste Hermann

Le texte intégral.
par Diego MELCHIOR
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Jeudi 19 juin 2008
Grâce la procédure de co-décision, le Parlement s’est prononcé aujourd’hui sur la directive « retour » en adoptant le texte à 369 voix pour, 197 contre et 106 abstentions. Le Parlement européen avait pourtant là une occasion unique de rejeter un directive préparée par les Etats membres qui instaurait certes le cadre d’une politique européenne d’immigration mais une politique préoccupante pour certains, liberticide pour d’autres, équilibrée et nécessaire pour ses défenseurs…

«
Article premier
Objet

La présente directive fixe les normes et procédures communes à appliquer dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, conformément aux droits fondamentaux en tant que principes généraux du droit communautaire, ainsi qu’au droit international, notamment les obligations en matière de protection des réfugiés et de droits de l'homme.

»

Une politique commune d’immigration était devenue un impératif qui s’imposait. Le débat autour de la question était notamment revenu sur le devant de la scène après la victoire de Silvio Berlusconi en Italie, flanqué sur sa droite d’une Ligue du Nord renforcée par son excellent résultat aux élections législatives anticipées des 13 et 14 avril derniers. Ce dernier, en effet, sous les pressions répétées de la Ligue, avait souhaité porter au plan européen la question de l’immigration, laissant sous-entendre qu’il laisserait sinon son gouvernement agir nationalement. A suivi ensuite le pacte pour l’immigration proposé par Brice Hortefeux, visiblement dans la même veine que les requêtes de la Ligue du Nord. Placées devant le fait accompli, les institutions européennes n’avaient finalement pas d’autre choix que de proposer au plus vite une directive cadre sur l’immigration afin d’éviter que les Etats membres fassent chacun de leur côté leur propre politique d’immigration, ce qui aurait alors pu mettre en danger l’équilibre européen.

La directive « retour », donc, grâce à la procédure de codécision, a été soumise au Parlement européen qui l’a adoptée. Deux grands arguments ont été évoqués pour défendre le texte de la directive :
- cette directive est un compromis équilibré et nécessaire ;
- cette directive fixe le cadre d’une politique européenne d’immigration, c’est un pas indispensable vers plus d’Europe, donc peu importe le contenu du texte, c’est mieux que rien.

Cependant, ces deux arguments ne permettent en rien de justifier un tel texte. Cette directive n’est pas un compromis équilibré et nécessaire. Au contraire, c’est un pur produit des idées conservatrices véhiculées par les partis de droite membres du PPE et par des partis populistes et xénophobes comme le Front national, en France, la Ligue du Nord, en Italie ou l’ancienne liste Pimp Fortuyn, aux Pays-Bas. De trop nombreux éléments, qui n’ont pu être amendés par le PSE notamment, sont présents dans ce texte.

Ce texte a pour vocation première de lutter contre l’immigration clandestine. Bien évidemment, dans la plus pure logique conservatrice, ce texte propose l’exact inverse d’une véritable politique d’immigration. C’est l’expulsion en effet, via des centres de rétention, qui est le coeur de cette directive. Or les expulsions ne limitent en rien la venue des migrants qui, s’ils sont déterminés à quitter leur pays – pour des raisons sûrement compréhensibles –, reviendront en Europe quoi qu’il en soit. Et même, au contraire, une telle politique encourage plutôt la clandestinité puisque d’une part, les Etats membres, au lieu de régulariser, ne feront que pourchasser les immigrés illégaux et, d’autre part, cette réaction défensive va être perçue par les migrants comme une invitation à venir en Europe. En effet, puisque celle-ci fait tout pour protéger son territoire, c’est que celui-ci doit être clairement un endroit privilégié qui attire !

En outre, cette directive porte une atteinte préoccupante aux droits de l’homme. Il est explicitement indiqué que les immigrés illégaux – en fait la majorité des immigrés qui entrent dans les Etats membres étant donné la difficulté réelle qu’il existe pour avoir des papiers – seront placés dans des centres de rétentions, construits à cet effet, pour une durée maximum de six mois, avec une possibilité de prolonger de douze mois cette période … Concrètement, c’est donc la criminalisation de l’immigration qui est acceptée à travers cette directive. Immigrer devient donc un délit qui en plus d’être puni par un « éloignement » est couplé à une peine de prison dans un camp de rétention dont on connaît les conditions de vie déplorables.

Mais tout cela est-ce mieux que rien ? Au plan strictement juridique, évidemment, difficile de prétendre que ce n’est pas mieux que rien puisque, aujourd’hui, il existe en effet un cadre européen pour l’immigration… mais quel cadre ! L’argument juridique qui privilégie l’aspect technique (« plus d’Europe ») sur l’aspect politique (une directive conservatrice) est pourtant nul et non avenu au plan politique puisqu’en fait, cette directive ce n’est pas mieux que rien, c’est tout simplement rien… Rien pourquoi ? Rien parce que cette directive ne fait que concrétiser au plan européen les volontés conservatrices de gouvernements nationaux de droite tels que ceux de la France ou de l’Italie. Nous n’avons pas avancé, nous n’avons pas fait plus d’Europe, nous avons tout simplement calqué au plan européen la politique en matière d’immigration souhaitée par une bonne partie des Etats membres. Tout cela en somme va permettre aux Etats membres qui sont gouvernés par la droite d’appliquer une politique d’immigration des plus conservatrices sans être inquiété ni par l’Ue ni par d’autres Etats membres.

Après le rejet du Traité établissant une Constitution pour l’Europe par la France en particulier, nous étions nombreux à nous demander si ce non était un non de gauche. Les tenants du non gauche revendiquait un non de gauche populaire, un non du peuple. L’extrême droite, elle aussi, revendiquait le non du peuple. Difficile de trancher dès lors : non de gauche malgré tout européen ou non de droite foncièrement hostile à l’Europe, au progrès et aux idées sociales ? À en croire les tenants français du non de gauche, les rejets français et hollandais du TCE, puis le rejet irlandais du Traité de Lisbonne, seraient l’expression des peuples pour une Europe plus sociale, pour une Europe débarrassée des politiques de la droite. Ironie du sort, au sujet de la directive « retour », l’Europe des peuples a parlé aujourd’hui et finalement nous sommes loin d’avoir assisté à une expression progressiste de ceux-là. En effet, s’il y a bien une institution populaire, représentant directement les peuples d’Europe, c’est le Parlement européen. Or les représentants du peuple, bien loin de rejeter un texte profondément conservateur, n’ont fait que l’encenser. Ce n’est clairement pas la faute à l’Europe si une telle directive va s’appliquer, la responsabilité en incombe directement à la droite européenne : le PPE au Parlement européen ; les gouvernements de droite issus du suffrage universels dans les Etats membres.

N’en déplaise donc aux eurosceptiques de gauche, notamment français : aujourd’hui, quand l’Europe des peuples s’exprime, ce n’est sûrement pas pour refuser les politiques libérales et conservatrices, mais hélas, bien au contraire, pour les soutenir.
par Diego MELCHIOR
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Samedi 14 juin 2008
Sur le blog de Sauvons l'Europe à SciencesPo., nous avons remis la tribune et le texte du Traité de l'Europe sociale proposés par Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou et Michel Rocard en juin 2004.

A lire également le billet sur Intox2007 qui republie la tribune du 9 juin 2004 et pose des questions forts légitimes à la gauche concernant l'Europe sociale.
par Diego MELCHIOR
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Vendredi 13 juin 2008
Une majorité d’Irlandais qui s’est rendue aux urnes a donc rejeté, suite au referendum, le Traité de Lisbonne. 18 pays sur 27 l’avaient pourtant déjà ratifié… La règle était connue d’avance : il suffit du rejet du texte par un Etat membre pour enterrer définitivement celui-ci. C’est la règle. Depuis 2005, l’Europe est en panne. Sarkozy avec son Traité simplifié pensait pouvoir relancer la construction européenne mais, cette fois, c’est définitivement raté.

La construction européenne est donc à nouveau bloquée. C’est aujourd’hui un fait. Évidemment, les dirigeants européens, de droite comme de gauche, ont été très peu nombreux à réellement vouloir que la construction européenne, bloquée avec le rejet du TCE par les Français et les Néerlandais en 2005, puisse repartir. Bien sûr, l’idéal aurait été un referendum européen et non pas une succession de consultations nationales référendaires ou parlementaires comme cela a été le cas pour le TCE comme pour le Traité de Lisbonne. C’est ce que rappelait encore Fabien Cazenave des Jeunes Européens hier soir lors de l’émission Bouge la France sur Public Sénat…

Un manque de courage politique ensuite de la part de nombreux dirigeants politiques. On citera bien sûr Nicolas Sarkozy et la droite française négociant un nouveau Traité sans protocole social, prenant le risque de fédérer contre ce traité une nuée d’opposants dits de gauche. On pourra citer aussi Tony Blair, puis Gordon Brown qui ont préféré, l’un pour le TCE en 2005, l’autre pour le Traité de Lisbonne en 2008, attendre de voir comment tournerait le vent avant d’engager leur pays sur une consultation, alors que ce sont des pays comme le Royaume-Uni qui devraient montrer l’exemple et non pas, en cas d’éventuels consensus entre tous les autres Etats membres, s'y rajouter ultimement en traînant la patte…

Si les adversaires de l’ancien Traité constitutionnel comme les adversaires du Traité de Lisbonne n’ont pas hésité à flatter les bas instincts en usant habilement de rhétoriques nauséabondes de type populiste, conspirationniste et nationaliste, les partisans de la construction européenne ont sûrement eux aussi fauté en n’offrant pas aux citoyens préoccupés et touchés par une crise sociale mondiale des arguments forts au sujet de l’Europe sociale.

Il est clair aujourd’hui qu’il y a deux raisons de fond qui expliquent la défiance généralisée des Européens vis-à-vis de la construction européenne.

D’abord, c’est le retour d’une grande vague nationaliste sur toute l’Europe. La France est sûrement un exemple flagrant de ce retour du nationalisme que se partage aussi bien entre des gens comme Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ce dernier ne cherchant même plus l’originalité dans ces arguments mais se contentant de reprendre la vieille argumentation stalinienne… Preuve en est son dernier billet sur le vote irlandais où, entre d’autres propos odieux, on pouvait lire cela : « Et il ne faut pas manquer dans le même numéro l’interview inouïe, mais tellement allemande, de Daniel Cohn-Bendit »… Cela ne vous rappelle-t-il pas le fameux « anarchiste allemand » de Georges Marchais ?

Le nationalisme, on a aussi vu  son plus sinistre visage ces derniers mois en Irlande à travers la campagne du Sinn Féin, ce parti politique qui partant de la gauche au début du XXe siècle termine  aujourd’hui plus rouge-brun que rouge… En Italie aussi, pour citer un dernier exemple, l’offensive anti-europénne portée par la Ligue du Nord ne fait que commencer. Rappelons que la droite avait déjà proposé de sortir de l’euro, maintenant c’est de la modification de la convention Schengen dont il s’agit…

Mais le retour du nationalisme dans toute l’Europe ne saurait suffire pour expliquer la défiance des citoyens vis-à-vis de cette dernière. En effet, si le nationalisme est si fort, c’est bien parce qu’il existe un terreau sur lequel il peut se développer. Ce terreau c’est un malaise social grandissant. Bien sûr, il y a les réalités d’une part et d’autre part l’instrumentalisation qui fait accuser l’Europe d’être responsable de ce malaise. Mais c’est plus compliqué que cela : ce ne sont pas les institutions et les politiques européennes qui en sont responsables mais l’absence d’intégration politique plus forte et surtout l’absence d’une véritable politique sociale au niveau européen.

Voilà donc le double constat que l’on peut faire et qui peut expliquer grosso modo la défiance croissante des Européens vis-à-vis de l’Europe. Maintenant que l’Europe est de nouveau en panne, plusieurs attitudes sont possibles. Mais le plan B tout frais tout chaud qui devait sortir d’une boîte magique n’existe pas. En revanche, des choix politiques clairs peuvent être faits par les Etats-membres :
-    on arrête tout, cette fois, c’est terminé, on s’en remet aux Traités de Nice et les Etats membres qui n’en peuvent plus de l’Europe prennent leur responsabilité en la quittant – c’est sûrement ce que souhaitent l’extrême droite et une bonne partie de la droite qui refuse l’intégration politique ;
-    on fait revoter les Irlandais d’ici quelques mois sur ce même texte ; c’est une solution sûrement absurde mais il y aurait bien quelques apprentis sorciers pour la proposer ;
-    on fait voter tous les Etats membres sur un nouveau texte conçu au niveau intergouvernemental ; c’est aussi particulièrement irréaliste car une troisième tentative ne serait suivi que par très peu d’Etats membres ;
-    on fait revoter tous les Etats membres sur le Traité de Lisbonne complété par un protocole social élaboré par la CES, BusinessEurope (lobby des entreprises) et les institutions européennes ; c’est un possibilité mais cela nécessite une forte volonté politique des gouvernements ;
-    on envisage une  Europe à deux vitesses, ceux qui veulent aller plus loin dans la construction et ceux qui veulent rester à la marge ; c’est possible mais difficilement concevable au plan institutionnel ;
-    on fait voter tous les Européens pour une constituante européenne des peuples, c’est ce que demande la gauche radicale sans bien en préciser les modalités.

Tout cela induit des débats importants. Mais aujourd’hui, une chose est sûre, alors que certains se réjouissaient encore de voir dans l’Euro 2008 la matérialisation même d’une Europe qui fonctionne, la réalité quant à elle est bien différente. L’Europe est en panne et le fait que nos dirigeants s’en remettent d’ailleurs au sport comme preuve de vitalité de la cause européenne est donc de ce point de vue-là symptomatique d’un nationalisme grandissant d’une part et d’un détournement des problèmes sociaux d’autre part sur un des divertissements sportifs des plus grégaire…
par Diego MELCHIOR
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Mercredi 28 mai 2008
Cette fois le gouvernement ne prend même pas le temps de dialoguer et prévoit de remettre en cause complètement la loi sur la durée du temps de travail. Si le gouvernement n'entend pas respecter l'accord sur la représentativité comme il a été demandée dans un communiqué commun par la CFDT et la CGT, il prend le risque de déclencher un mouvement social d'ampleur. Dans ce cas, on va droit à une forte unité syndicale CGT-CFDT et à l'épreuve de force. Ce gouvernement est réellement composé d'une bande d'irresponsables... Ou alors il s'agit vraiment d'attaquer de front les syndicats pour des raisons purement idéologiques...

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Une infraction au dialogue social lourde de conséquences sur la santé au travail

La CFDT exprime son profond désaccord avec la partie du projet de loi de transposition de la « position commune » traitant de la durée du travail. Les dispositions envisagées peuvent conduire à des détériorations graves de la vie au travail. De plus, elles traduisent un profond mépris à l’égard des partenaires sociaux.

Le projet de loi réduit considérablement les garde-fous existants en matière d’organisation du temps de travail :
le pouvoir unilatéral de l’employeur est élargi en matière de modulation et d’application de jours RTT sur l’année ;
’accord d’entreprise a systématiquement la primeur en matière de contingents d’heures supplémentaires, forfait annuel, forfait jour, au détriment des accords de branche ;
la possibilité de déroger aux accords collectifs par le « gré à gré »  employeur/salarié est pérénnisée.

Le projet de loi peut être lourd de conséquences pour les conditions de vie et de travail :
les repos compensateurs sont revus à la baisse avec le risque pour les salariés d’effectuer des heures supplémentaires plus fatigantes avec moins de repos
les forfaits annuels en heures ou en jours sont étendus et l’accord écrit du salarié est supprimé

L’Etat, à travers la loi, se doit d’être garant du cadre préservant les conditions de vie et de travail. Il ne peut d’un côté communiquer sur la dégradation des conditions de travail, l’augmentation des TMS et du stress au travail, et de l’autre coté, déréguler la durée du travail avec le risque d’aggraver ces phénomènes.

Avec les nouvelles règles proposées, beaucoup de salariés pourront être tentés d’accepter des conditions de travail détériorées dans un contexte où concurrence et coût du travail sont utilisés comme moyens de pression par les employeurs.

Après avoir affirmé qu’il respecterait l’esprit et la lettre de la position commune, le gouvernement renie ses engagements. Il privilégie une approche idéologique du temps de travail. Il impose une réécriture unilatérale de la loi sur les 35 heures. Les partenaires sociaux sont en droit de douter de ses propos sur la place du dialogue social.n

Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT (déclaration mise en ligne le 28 mai 2008)

"

par Diego MELCHIOR
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Mardi 27 mai 2008
Visiblement, l’annonce de Bertrand Delanoë semble en avoir perturbé plus d’un. Je persiste à croire que le débat autour de l’usage du mot libéralisme est un faux débat. Au-delà du fait que je ne vois pas en quoi cela serait un gros mot, je trouve que débattre de la pertinence ou non de la réhabilitation du mot est inutile.

En fait, le différent qui oppose Ségolène Royal (qui a déclaré qu’elle ne pourrait pas se qualifier de libéral) à Bertrand Delanoë ne porte pas tant sur le contenu et la signification du mot mais bien plus sur l’utilisation stratégique du terme. Ségolène Royal, dans son analyse du PS, pense qu’utiliser le mot c’est sûrement se priver de beaucoup de soutiens dans le parti, notament parce que le soutien de l'aile gauche du parti lui fait encore défaut ; Bertrand Delanoë, quant à lui, semble penser exactement l’inverse et qu’en utilisant les mots libéral et libéralisme, il s’assure plus de soutiens au sein du parti, notamment du côté de l'aile droite du parti qui lui fait défaut pour le moment. L'un comme l'autre veulent être rassembleurs et donner des gages à toutes les parties. Ségolène Royal comme Bertrand Delanoë étant opposé au néolibéralisme, ce n'est donc pas sur une question de fond qu'il y a clivage. En revanche, le clivage se place bien au niveau de ces deux analyses stratégiques du PS. L’une où il est considéré que le PS n’est pas encore prêt à accepter une grande révision réformiste dans l'emploi des mots, donc mieux vaut ne pas utiliser ce genre de mot ; l’autre où il est considéré au contraire que la majorité des adhérents du PS sont très enclins à accepter l’utilisation de ces mots, donc c’est tout bénéfice que de les utiliser. Pour ma part, je pense qu'on pourrait tout autant débattre de l'utilisation du terme socialisme et essayer de construire un socialisme du XXIe siècle qui porterait alors un nom moins réducteur.

Je pense que de toute manière le débat ne devrait pas se porter sur l’utilisation sémantique du mot ou la réhabilitation du libéralisme puisque dans les faits nous en sommes déjà là et que le socialisme dont est issu le PS a toujours agi dans le cadre de l'économie de marché. Les vraies questions, et c’est dommage qu’elles soient passées sous silence, ce sont les suivantes : acceptons-nous la mondialisation ? quelle mondialisation voulons-nous ? Ce sont ces deux questions là qui nécessitent une réponse et c’est sur le sens que nous souhaitons donner au mot mondialisation qu’il faut débattre.

En somme, tant que le PS n’aura pas clairement dit qu’il accepte d’inscrire son action dans la mondialisation et qu’il n’aura pas fourni un projet social-mondialiste alternatif au néolibéralisme, nous restons encore loin du véritable débat.
par Diego MELCHIOR
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Lundi 26 mai 2008
Henri Emmanuelli. Benoît Hamon. Razzy Hammadi. Un par génération. Ce sont à l’heure actuelle les trois dernières figures qui représentent le courant NPS après le départ d’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. Rajoutons les courants Pour la République Sociale de Jean-Luc Mélenchon et Démocratie & Socialisme de Gérard Filoche et nous avons le gros des troupes de la gauche du PS, ceux qui sont par ailleurs nommés les néo-« staliniens » du parti. L’aile gauche du PS se composait néanmoins aussi du courant fabiusien. La motion NPS avait obtenu 23,6% des voix et la motion Fabius 21,2% des voix au Congrès du Mans. L’aile dite gauche du PS, c’est-à-dire regroupant l’ensemble notamment des partisans du non au Traité Constitutionnel Européen, représentait donc environ 45% du parti en 2005. Cela coïncidait avec les 42% de militants qui s’étaient exprimés contre le Traité Constitutionnel lors de la consultation interne en 2004.

Où en est-on aujourd’hui ? Il est assez difficile de faire une évaluation du poids de l’aile gauche du PS aussi bien à cause du départ du NPS de responsables comme Peillon ou Montebourg qu’à cause de l’effritement des soutiens envers Laurent Fabius. À titre de comparaison, prenons les opposants à la ligne réformiste de centre-gauche des DS en Italie : ils représentaient 24,5% du parti au dernier congrès en 2007.

À mon avis, on peut estimer qu’à l’heure actuelle, le Parti Socialiste comporte une aile gauche qui représente environ 30% du parti. Qu’entend-on par aile gauche ? Déjà, tous les courants qui ne sont pas issus de la motion 1 du Congrès du Mans. En somme, l’aile gauche du PS ce n’est ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë, ni Pierre Moscovici. Ensuite, l’aile gauche du PS, c’est globalement tous les militants qui avaient déjà voté contre le Traité Constitutionnel Européen. Enfin, ce sont tous ceux qui ne veulent ni le rapprochement avec le centre de Ségolène Royal, ni le libéralisme de Bertrand Delanoë, ni la social-démocratie de Pierre Moscovici. Bref, ce sont tous ceux qui veulent un PS « vraiment de gauche ». Si le terme est assez flou, il semble se définir quand même par plusieurs éléments :
-refus de tout rapprochement avec le centre mais alliance avec l’extrême gauche ;
-discours idéologique sur le capitalisme ;
-critique de l’Europe et du PSE ;
-défense d’un programme économique conformiste et passéiste : nationalisations, dirigisme étatique simpliste, tutelle sur la société civile et les syndicats, etc.

L’aile gauche du PS existe sur le papier encore par ses courants, la question reste à savoir s’il y a encore un réseau structuré de militants et d’adhérents derrière. En ce qui concerne le NPS, il y a plusieurs chapelles qui se sont séparées pour se repporter sur différents candidats : Vincent Peillon avec Ségolène Royal, les amis d’Arnaud Montebourg avec Pierre Moscovici, des gens comme l’ex-syndicaliste Bruno Julliard (qui a toujours été proche du NPS) qui se retrouvent avec Bertrand Delanoë, etc. Reste aussi à savoir combien Laurent Fabius peut rassembler de soutiens.

Les médias qui couvrent la préparation du congrès socialiste parlent peu de l’aile gauche dans leurs différentes projections. Pourtant, cette aile gauche qui a priori ne se reconnaît pas dans les potentiels candidats compte peser lors du congrès. Il y a deux scénarios possibles si l’aile gauche présente elle aussi une motion et un candidat au congrès. Elle pourrait recueillir un bon résultat comme 20 ou 25% des voix des adhérents ce qui, vu le nombre de motion qu’il risque d’y avoir, serait un résultat préoccupant. En effet, s’il y a trois motions séparées mais présentées par des candidats qui ont tous soutenu la motion 1 au dernier congrès, c’est la motion de l’aile gauche qui se place en arbitre de toutes les autres motions réformistes. Sinon, au contraire, la motion présentée par l’aile gauche pourrait très bien se retrouver avec un très petit résultat (8 ou 10%) : cela s’expliquerait par l’éparpillement des anciens soutiens aux motions du Congrès du Mans vers d’autres motions.

Quoi qu’il en soit, ce congrès est l’ultime chance pour la gauche du parti de s’imposer. Ce congrès, en plus d’être un rendez-vous pour la désignation d’un leader et d’une stratégie, ce sera aussi un test pour savoir si le PS emprunte une ligne réformiste ou non. Je pense que l’aile gauche du parti a aussi perçu l’enjeu et ne va donc pas rester passive ces mois à venir. Ce n’est donc pas parce que personne ne s’intéresse à cette partie-là du PS qu’elle n’existe pas. Méfions nous de l’eau qui dort, donc.
par Diego MELCHIOR
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Samedi 24 mai 2008
Depuis que Bertrand Delanoë a déclaré, dans son dernier livre De l’audace, qu’il était libéral, certains crient à la catastrophe politique. Je pense qu’on fait beaucoup de bruits pour rien autour de cette question surtout que la plupart des commentateurs n’ont sûrement même pas lu le livre de Bertrand Delanoë… Aude-là des soutiens de personnes, il faut quand même reconnaître à Delanoë qu’en remettant le mot libéral dans le débat politique à gauche, il brise un tabou. La gauche radicale notamment depuis qu’elle avait lancé cette croisade antilibérale (utilisant le mot comme un fourre-tout général) avait créé un processus d’autocensure à gauche dans l’utilisation du mot.

Il n’y a vraiment qu’en France où l’utilisation du mot libéral à gauche pose problème et c’est d’ailleurs surprenant. Le libéralisme dont nous parle Bertrand Delanoë est bien le libéralisme des Lumières que même Jean Jaurès revendiquait comme héritage. En quoi est-ce donc choquant pour un socialiste de se revendiquer du libéralisme politique et du libéralisme sociétal ? Ce n’est donc pas le fait que Bertrand Delanoë utilise le mot dans son sens positif qui est choquant, mais bien le fait que pendant des décennies ce pan de l’héritage progressiste ait été passé sous silence, notamment à cause d’une tradition marxiste et jacobine dominante jusqu’à tard dans le parti et à cause du chantage politique récent exercée sur le PS par la gauche radicale entre 2005 et 2007. Maintenant que le projet d’une gauche antilibérale unie est bel et bien mort, les socialistes auraient tort de se priver d’utiliser le mot. Delanoë d’ailleurs précise bien qu’il est « libéral et socialiste », donc qu’il est libéral au niveau politique et socialiste -social-démocrate- au plan économique. Il n’y a pas d’ambiguïté. Les socialistes doivent donc se féliciter du retour du mot dans le discours de gauche.

En ce qui concerne le libéralisme économique que Delanoë ne passe effectivement pas sous silence et que d’une certaine manière il semble considérer comme valable pour la gauche, c’est aussi finalement un juste retour des choses. La gauche française a toujours été libérale dans les faits et les politiques keynésiennes et néo-keynésiennes sont des politiques libérales. C’est rompre une hypocrisie donc que de se réclamer du libéralisme y compris économique. Mais plus que le libéralisme économique de Bertrand Delanoë, c’est le fait qu’il considère le management comme une méthode valable pour la politique qui a semble-t-il suscité les plus fortes réactions. Et pourquoi pas ? Le management n’est qu’une méthode et, si elle est mise au service d’idées qui sont celles de la solidarité et de la justice sociale, pourquoi devrait-elle être rejeter ? La gauche ne devrait pas avoir peur de parler objectifs et résultats puisque finalement c’est seulement de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de management…

Quoi qu’il en soit, nous devrions encore attendre un peu avant de juger Bertrand Delanoë. Pour le moment, les deux points principaux qui le différencient de Ségolène Royal sont d’une part le discours social que Bertrand Delanoë n’a pas encore développé alors que Ségolène Royal est très en avance là-dessus et, d’autre part, la stratégie politique pour le PS : Ségolène Royal prône le rapprochement au centre alors que Bertrand Delanoë semble finalement opter pour un PS faisant cavalier seul…

 Bref, attendons la suite.
par Diego MELCHIOR
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Jeudi 22 mai 2008
Le retour de Silvio Berlusconi en Italie et la nomination d’un gouvernement comportant Roberto Maroni de Ligue du Nord comme ministre de l’Intérieur semble clairement éloigner de plus en plus l’Italie de l’Union européenne. La lutte contre l’immigration clandestine, cheval de bataille de la Ligue du Nord, parti populiste revendiquant son anti-européisme, reprend le devant de la scène des réformes avec la constitution d’un paquet sécurité qui devait être discuté à Naples, mercredi 21 mai. La politique d’immigration de la droite italienne semble prendre une dimension clairement anti-européenne. Roberto Maroni a assuré que l’Italie se réservait le droit de procéder à des expulsions massives et que la clandestinité devra être considéré comme un délit. Ces propos ont suscité l’ire de la vice-présidente du gouvernement espagnol qui a accusé le gouvernement italien de préparer une politique d’immigration non respectueuse des droits humains. On voit bien là tous les problèmes que cause la non existence d’une politique d’immigration commune.

Les attaques de la part du gouvernement italien contre les immigrés se sont notamment focalisées sur la communauté roumaine assimilée de manière générale à la communauté tsigane. De plus, l’Italie a été traversée ces derniers jours par des violences extrémistes (chasse aux roumains par des milices citoyennes auto constituées, incendie criminelle de camps de réfugiés tziganes, etc.). Celles-ci se sont en effet accrues avec les annonces du gouvernement de durcir sa politique vis-à-vis des immigrés aussi bien sur le territoire, par les expulsions, qu’aux frontières, par un contrôle policier accru. En Italie, les Roumains sont honnis par beaucoup qui les considèrent comme responsables de beaucoup de maux que connaît le pays. Les Roumains sont aussi indifféremment réduits aux Roms dans bon nombre de discours. Or tous les Roumains ne sont pas des Roms. Malheureusement, cette différence, le gouvernement en place ne semble pas la percevoir complètement…

Pourtant, la différence est très importante. Les Roumains, qui représentent la première communauté immigrée en Italie, sont issus d’un pays membre des pays de l’UE et sont donc soumis aux mêmes règles de circulation et d’accueil que tous les autres ressortissants européens. L’Italie n’a donc aucune raison d’attribuer à un traitement spécifique aux Roumains. La question des Roms est quant à elle bien différente. Les Roms qui résident en Italie viennent en effet pour une partie de la Roumanie mais aussi des Balkans, notamment de la Bosnie, de l’Albanie et de la Serbie, pays qu’ils ont bien souvent du quitter au moment des guerres d’ex-Yougolslavie.

En outre, les Roms ne sont pas une réalité spécifiquement italienne. En effet, la question des Roms ne peut pas se poser en termes d’immigration puisque ce peuple est originairement un peuple nomade. La question est donc bien celle de l’intégration des Roms au sein de l’UE. Les Roms forment une communauté qui n’obéit pas au schéma traditionnel de la communauté nationale (le territoire national n’a aucun sens pour eux) et c’est précisément cela qui pose problème à des sociétés nationales européennes comme l’Italie. Et c’est aussi pourquoi il ne saura jamais être question de la création d’un Etat tzigane comme le propose l’extrême droite européenne. Seule une politique européenne d’intégration des Roms et de lutte contre les discriminations peut être une réponse appropriée à la situation déplorable que connaissent aujourd’hui les Roms.

Ainsi, suite notamment aux violences contre les Roms qui ont eu lieu en Italie, les députés européens ont débattu, mardi 20 mai, en séance plénière du Parlement européen de la question de l’intégration des Roms. La situation des Roms est désastreuse dans toute l’Europe où cette communauté est de fait exclue de la société. Les Roms sont parqués dans des camps où toute dignité humaine a disparu. Les Roms, auxquels on accole encore des clichés d’un autre temps, alimentent à tort les plus nauséabonds fantasmes de la société. Les Roms, puisqu’on leur refuse tout intégration en niant leur spécificité et leur histoire, sont bel et bien traités comme des parias en Europe. Enfin, l’instrumentalisation d’un soi-disant péril Rom nourrit bon nombre de politique populiste.

Alors que faire ? Il est clairement indispensable, et cela a été demandé par le Parlement européen, de mener une politique européenne efficace d’intégration des Roms. Au plan social, il faut dans l’immédiat veiller aux conditions sanitaires des Roms, c’est-à-dire supprimer les taudis où s’entassent les communautés pour les reloger dans des espaces hygiéniquement conformes. Il faut aussi multiplier l’information vers les communautés pour qu’elle puisse scolariser leurs enfants. En outre, il est indispensable de lutter contre les discriminations que subissent les Roms. Mais surtout, les Etats membres et l’UE doivent mener un travail culturel vers les populations nationales pour briser tous préjugés sur les Roms. C’est probablement même la prémisse indispensable d’une véritable politique d’intégration des Roms. La tolérance doit vraiment devenir une valeur forte de l’Union européenne.

Les Roms ont contribué et contribuent encore à façonner l’identité européenne ; ils représentent même probablement à eux seuls cet idéal d’une Europe qui ne serait plus alourdie par des attachements nationaux. L’intolérance que les Roms subissent encore aujourd’hui ne doit pas être prise à la légère car, souvenons-nous que par le passé, cette même intolérance a conduit à la plus grande catastrophe humaine qu’ait connue l’Europe. C’est pourquoi, nous, Européens, nous devons nous engager à stopper toute vague de ressentiment contre la communauté Rom et nous engager à mener une véritable politique d’intégration des Roms au niveau européen.
par Diego MELCHIOR
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A propos de ce blog

Blog politique personnel de Diego Melchior, étudiant à SciencesPo. qui traite de l'actualité, de sujets politiques généraux et de thémathiques spécifiques comme l'Europe et la vie étudiante.

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